La violence à l'école : vraiment nouvelle ?
Face à des actes actuels d'une violence insoutenable dans et autour des lycées, on peut avoir l'impression d'un “jamais vu”.
Pourtant, en 1883, au lycée Louis-le-Grand, environ 300 élèves se révoltent : dortoirs saccagés, barres de fer arrachées, violences contre les surveillants ; la police, puis l'armée interviennent.
L'historienne A. Thiercé recense plus de 200 mutineries dans les collèges et lycées au XIXe siècle. Et il ne s'agit pas de publics populaires, mais de garçons des classes favorisées.
D'autres historiens le documentent Ariés (1960), Caron (2008), Lelièvre (2021)... : l'école du XIXe siècle n'a jamais été un sanctuaire. La dureté du lycée était le programme.
Et dans ce système... quelle est la place des lycéens ? Un symbole d'assujettissement et d'affrontement ; et non celui de l'accessibilité aux savoirs.
Donc non, la violence des lycéens et la violence institutionnelle ne sont pas nées aujourd'hui.
Mais le plus troublant, en France, n'est pas que ces violences aient eu lieu. C'est que nous les ayons oubliées. Un étrange impensé.
- Pouvoir parler, n'est pas être entendu,
- Et être écouté n'est pas non plus être reconnu.
L'histoire nous apprend que la parole collective des lycéens a été traitée en émeute traduite in fine par des exclusions et autres formes de mises à l'écart.
Alors une question, qui n'a rien d'historique mais tout d'actuel :
Qui a le pouvoir de dire ce qui fait violence ?
#Éducation #MicroViolences #ViolenceScolaire #ProtoViolence