Jean-Michel Perez
Professeur des Universités · Sciences de l'éducation et de la formation · Université de Lorraine

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Micro-violences · micro-attentions · souvenirs scolaires · hypocrisie organisationnelle · isolement et reliance : les posts publics, du plus récent au plus ancien.

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La violence à l'école : vraiment nouvelle ?

Face à des actes actuels d'une violence insoutenable dans et autour des lycées, on peut avoir l'impression d'un “jamais vu”.
Pourtant, en 1883, au lycée Louis-le-Grand, environ 300 élèves se révoltent : dortoirs saccagés, barres de fer arrachées, violences contre les surveillants ; la police, puis l'armée interviennent.
L'historienne A. Thiercé recense plus de 200 mutineries dans les collèges et lycées au XIXe siècle. Et il ne s'agit pas de publics populaires, mais de garçons des classes favorisées.
D'autres historiens le documentent Ariés (1960), Caron (2008), Lelièvre (2021)... : l'école du XIXe siècle n'a jamais été un sanctuaire. La dureté du lycée était le programme.
Et dans ce système... quelle est la place des lycéens ? Un symbole d'assujettissement et d'affrontement ; et non celui de l'accessibilité aux savoirs.
Donc non, la violence des lycéens et la violence institutionnelle ne sont pas nées aujourd'hui.
Mais le plus troublant, en France, n'est pas que ces violences aient eu lieu. C'est que nous les ayons oubliées. Un étrange impensé.
- Pouvoir parler, n'est pas être entendu,
- Et être écouté n'est pas non plus être reconnu.
L'histoire nous apprend que la parole collective des lycéens a été traitée en émeute traduite in fine par des exclusions et autres formes de mises à l'écart.
Alors une question, qui n'a rien d'historique mais tout d'actuel :
Qui a le pouvoir de dire ce qui fait violence ?
#Éducation #MicroViolences #ViolenceScolaire #ProtoViolence

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3 récits de maltraitance ordinaire dans les lieux de l'accès aux savoirs

Tous ces récits racontent une décision d'adulte que personne n'a discutée, sans aucune faute de l'élève, et qui, pourtant, nuit à sa vie en santé. Quelle est la nature de ce rapport interpersonnel qui donne à celui qui enseigne, un tel pouvoir de nuisance ? [...] (texte intégral sur LinkedIn)

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« AVONS-NOUS ENCORE ENVIE D'ÊTRE CES ÉDUCATEURS.TRICES-LÀ ? »

Sur 4 750 réponses (1 souvenir + et 1 souvenir -), et sur les souvenirs - exploitables (plus de 1 800), ce qui ressort :

- UN ADULTE est en cause dans plus de 8 CAS SUR 10 (violence verticale)

- La violence strictement entre élèves, ne représente que 17 % DES RÉCITS (violence horizontale)( Alors que c'est celle qui occupe le débat public)

Concernant la violence verticale. Parmi les souvenirs négatifs déclarant un impact ressenti *: 79 % font état d'un impact durable ou très fort sur leur vie, 60 % estiment que ce souvenir a influencé leur orientation et 68 % leurs décisions importantes. (la parole performative de l'adulte)

*Les souvenirs négatifs exploitables (1 811) codés un par un : « lorsqu'une violence est identifiable », QUI EST CONCERNÉ : l'adulte ? les élèves ? les deux ?

Quelques exemples :

« En CE2 un maître remplaçant m'a accusée d'avoir perdu la feuille de travail qu'il avait distribuée. Je lui ai dit que j'étais absente ce jour-là, et que je n'avais pas la feuille. Il ne m'a pas cru. Il a vidé purement et simplement sans mon autorisation le contenu de mon sac et de mon casier devant toute la classe. Il ne l'a pas trouvée. Il ne s'est pas excusé. »
- q.585531 - 35 ans - impact très fort - orientation marquée

« En primaire une de mes professeurs m'avait accusée de tricherie et m'avait punie alors que je regardais si les autres comprenaient ou non. »
- q.665714 - 21 ans - impact sensible - orientation marquée

« En 4e ma prof de latin m'a accusée de lui faire des appels téléphoniques anonymes, devant toute la classe. Pendant toute une séance nous n'avons pas travaillé car elle attendait que je reconnaisse et que je m'excuse. »
- q.585531 - 39 ans - orientation marquée - décisions touchées

« En 4e, ma prof de français me rabaissait devant la classe. Elle me retirait parfois des points lors de contrôles, et quand j'osais me plaindre durant la correction en classe, elle m'accusait de triche. »
- q.585531 - 21 ans - impact sensible - orientation sensible

« En troisième, rendez-vous obligatoire avec la conseillère d'orientation. Je lui expose mon souhait : passer un bac général pour devenir prof d'anglais. Sa réponse est directe : « Vu vos résultats, allez en bac pro. Ne faites pas d'études longues. » J'en suis ressortie en pleurs. »
- q.641553 - 39 ans - impact très fort - orientation sensible - décisions majeures

« Une professeure m'a clairement dit : "quand on a un handicap on n'a pas sa place à la fac", après que je lui ai expliqué mes difficultés dans son cours. »
- q.237771 - impact durable

TO BE CONTINUED ...

Autant de maltraitances ordinaires qui passent sous le seuil de l'évaluation du système français... AVONS-NOUS ENCORE ENVIE D'ÊTRE CES ÉDUCATEURS.TRICES-LÀ - D'ÊTRE SOUMIS.ES À CES ÉDUCATEURS.TRICES-LÀ ? »

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Merci.

Ce que vous décrivez là, vous en êtes sorti - à quel prix...

N'hésitez pas à le déposer dans l'enquête permanente, qui compte aujourd'hui près de 2 700 souvenirs : [lien]

Deux souvenirs par réponse - et autant de réponses que vous le souhaitez, en + comme en -.

L'enjeu est d'en faire un sujet de discussion effectif. Et sincèrement : en 2012, l'objet était tabou. Aujourd'hui, non. Nos communautés sont prêtes.

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ARRÊTEZ DE VOULOIR RÉFORMER L'ÉCOLE

Au milieu du bourbier des micro-violences, des leviers existent déjà - et demandent à être (enfin) protégés.

Ce.lles.ux (rares) qui en sont revenu.e.s témoignent

« En terminale mon professeur d'EPS m'a laissé co-animer 1 cycle car il avait confiance en moi et voulait me prouver que je pourrais être enseignant d'EPS. »
- q.641553 - 48 ans - 2026-08-23 - impact très fort - choix décisifs - décisions majeures

« Lorsque j'ai choisi mon parcours universitaire en fac de Lettres modernes, jusqu'en Doctorat spécialité littérature de jeunesse, j'ai rencontré quantité d'enseignants passionnants qui savaient faire de vrais éloges gratifiants sur la qualité de mes réflexions ou de mon style littéraire, m'invitant toujours à aller plus loin. Je ne me suis jamais sentie comme un simple numéro, ça a beaucoup renforcé l'image que j'avais de moi-même. »
- q.641553 - 39 ans - 2026-08-26 - impact très fort - choix décisifs - décisions majeures

« J'ai beaucoup souffert en CP et CE1 de maîtresses très rigides, exigeantes... Dans ces deux niveaux j'étais une élève très médiocre. Au CE2, par contre, ma maîtresse adorait prolonger ses "leçons de morale" en première activité du matin par des digressions sur sa vie privée, un peu à la façon des amies de ma mère quand elles venaient boire le café à la maison. J'avais l'impression d'être considérée comme l'une de ces dames et j'adorais cette enseignante qui, pour la première fois, montrait qu'on pouvait prendre plaisir en classe, adulte comme enfant. Je suis devenue cette année-là une très bonne élève et je me souviens m'être dit : "quand je serai grande, je serai une maîtresse comme celle-là !" Je suis effectivement devenue enseignante et j'ai eu à cœur toute ma carrière de prendre plaisir à enseigner et de faire en sorte, autant que possible, que mes élèves prennent plaisir à apprendre et à vivre ensemble dans ma classe, y compris s'agissant d'élèves en situation de grande difficulté scolaire ou de handicap. »
- q.641553 - 68 ans - 2026-08-13 - impact très fort - choix décisifs - décisions majeures

Il est temps de protéger ce qui existe à l'interne du système scolaire français : CES ENSEIGNANTS QUI FONT VIVRE LE PROJET DE L'ÉCOLE.

NON PAS CE.LLES.UX QUI PROTÈGENT L'INSTITUTION DANS SON FONCTIONNEMENT, MAIS CE.LLES.UX (ENSEIGNANT.E, ÉDUCAT.RICE.EUR, GESTIONNAIRE, POLITIQUE, ÉLÈVE, ÉTUDIANT.E) DONT LA QUALITÉ DES RELATIONS INTERPERSONNELLES EST LISIBLE.

L'autre versant, publié ce matin : https://lnkd.in/p/eVWcdhw2

Et vous : qui, dans votre scolarité, a fait vivre l'école pour vous ?
Partagez 2 souvenirs : https://lnkd.in/ewj6jNMC

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Maltraitance scolaire : un angle mort du Code de l'éducation

Mise au jour du phénomène

« Il y a maltraitance d'une personne en situation de vulnérabilité lorsqu'un geste, une parole, une action ou un défaut d'action, compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux et/ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d'accompagnement. Les situations de maltraitance peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non ; leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. »
Loi n° 2022-140 du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, art. L. 119-1 du CASF

Soubassement d'une maltraitance institutionnelle ?

« Lorsque des situations de maltraitance résultent, au moins en partie, de pratiques managériales, de l'organisation et/ou du mode de gestion d'une institution ou d'un organisme gestionnaire, voire de restrictions ou dysfonctionnements au niveau des autorités de tutelle sur un territoire, on parle de maltraitance institutionnelle. »
Commission nationale de lutte contre les maltraitances et de promotion de la bientraitance, présidée par Alice Casagrande, mars 2021

….et qui s'inscrit dans le fonctionnement même de l'institution scolaire

Un phénomène « susceptible en lui-même d'induire ou d'amplifier les violences faites aux enfants dont elle a la charge ». Défenseur des droits, Enfance et violence : la part des institutions publiques, 2019

MAIS un angle mort du Code de l'éducation

L'institution scolaire apparaît comme un service public accueillant des mineurs en situation de vulnérabilité mais qui échappe à une réflexion sur la qualification de la maltraitance institutionnelle dans son propre cadre normatif.

Pourtant l'école relève d'une relation de confiance, de dépendance et d'accompagnement au sens de la loi de 2022. Elle entre donc dans le périmètre de la maltraitance institutionnelle.

Quel modèle d'enseignant souhaitons nous ?

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2 souvenirs d'école qui ouvrent à la question des micro-attentions en prise aux dispositifs

Lorsqu'une disposition à l'écoute est là, l'enfant en position d'élève conscientise et exprime.

Une chercheuse confie ce souvenir de thèse : « Quand j'étais en thèse, alors que j'expérimentais sur les sentiments sur l'école des élèves en REP+, une petite fille m'a confié... Pourquoi tu travailles avec Madame X alors que toi tu es gentille ? J'ai répondu que son enseignante de CP avait voulu participer à mon étude. Elle m'a répondu : "Tu sais, quand on se trompe ou qu'on fait une bêtise, elle nous met une tétine sur le bureau pour bien montrer à tout le monde qu'on est un gros bébé." »

Tout y est. Les mots justes, la norme comprise, l'écart mesuré, la question posée.

On dit, après Fricker, que l'enfant subit une injustice épistémique - qu'il manquerait de crédibilité, et même de mots, pour penser et donc dire ce qu'il vit.

Nos données racontent un autre possible. L'injustice épistémique ne serait alors qu'un effet du dispositif, mais pas celui d'une impossibilité.

D'une certaine manière, cette petite fille contredit l'injustice épistémique de Fricker puisque, percevant une disponibilité chez l'autre, elle vient, à l'image du Petit Prince, témoigner de sa conscientisation.

Reste l'impuissance de cel.le.lui qui reçoit cette parole, et de ce qu'il parvient à en faire ou pas... mais là est une autre histoire, celle qui se raconte maintenant.

Et le deuxième souvenir, celui que je ne saurais encore classer : « En quatrième, cette professeure d'anglais triste comme pas possible qui me dit : "Je ne m'opposerai pas à votre redoublement"... »

Et vous : à quel moment de votre scolarité avez-vous su - avec vos mots d'alors - que quelque chose n'était pas juste ? Ou que quelque chose l'était ?

Partagez 2 souvenirs : https://lnkd.in/ewj6jNMC

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3 RÉCITS DE MICRO-ATTENTIONS SCOLAIRES : 3 îlots de reliance dans un marécage de l'isolement

Dans le marécage de l'isolement produit par les micro-violences et autre forme de maltraitance quotidienne - ce que la loi du 7 février 2022* nomme ainsi -, les micro-attentions se fraient un passage et marquent également le territoire scolaire.

« En terminale, mon professeur d'EPS m'a laissé co-animer un cycle, car il avait confiance en moi et voulait me prouver que je pourrais être enseignante d'EPS. » - q.641553 - 48 ans - aujourd'hui enseignante - 2026-08-23 - impact 10/10

« En troisième, ma prof de latin-grec avait écrit sur mon bulletin : "merci pour ces trois belles années et pour tes grandes qualités humaines". Ses mots me touchent encore aujourd'hui. » - q.641553 - 30 ans - aujourd'hui enseignante - 2026-08-09 - impact 10/10

« Lors de notre premier travail de production écrite en CE1, la maîtresse a lu mon texte devant les autres et félicité pour mon écrit. …cela m'a donné confiance en moi pour toute la suite de ma scolarité, et quand on connaît l'importance de l'écrit dans celle-ci… » - q.641553 - 41 ans - aujourd'hui enseignante - 2026-08-09

3 récits qui dégagent l'importance de la parole de l'adulte - ce propos prononcé devant témoin(s) - sur celui qui est en position d'élève.
Mais ces récits sont rares dans un lieu où les humiliations sont massivement plus nombreuses.

D'ailleurs, que sait-on de ce professeur qui confie un cycle entier à une élève de terminale ? De cette professeure de latin-grec qui, sur un bulletin, a écrit autre chose qu'une appréciation ? De cette maîtresse de CE1 qui a lu le texte ?

Rien. Aucun de ces gestes ne figure dans un service, dans une formation. Aucun n'a jamais été exigé de qui que ce soit - contrairement au contrôle de la présence de l'élève, contrairement à l'ensemble des contrôles didactiques.

COMBIEN DE TRAJECTOIRES TIENNENT À CE QUE RIEN N'OBLIGE… et que rien ne recense - alors que ça donne sens à la présence humaine. Certains parlent d'éthique. Mais l'éthique est ici un succédané, donné pour ne pas parler de l'impensé institutionnel et personnel.

Vous aussi, laissez-nous deux souvenirs de votre passage dans le système éducatif : un agréable et un désagréable.

https://lnkd.in/ewj6jNMC

*une loi de 2022 qui ne s'applique pas de toute façon à l'école, qui n'est pas dans le CASF - une autre fonction de l'émiettement et de la répartition par catégorie.

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3 RECITS DE MALTRAITANCE SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE

« Au collège, mes professeurs menaçaient régulièrement de "le dire à votre père", qui était enseignant dans le même établissement. J'ai réalisé ma 6e et ma 5e, puis j'ai demandé à mes parents de me changer d'établissement. » - q.641553 - 48 ans - aujourd'hui enseignante - 2026-08-23 - impact 10/10

« J'ai posé des questions en physique, et la prof m'a finalement dit que mes questions embrouillaient la classe et m'a donné des atomes à empiler dans le fond de la classe. J'étais en 5e ou 4e. J'ai été fâchée, je me suis sentie incomprise, et en plus d'être injuste, cette décision était humiliante pour moi. » - q.641553 - 51 ans - aujourd'hui enseignante - 2026-08-23

« En licence, une maître de conférences part dans une explication, s'interrompt et nous dit : "Je m'arrête là, vous n'avez pas besoin de plus, vous n'irez pas en thèse." Je me dis : "Qu'est-ce qu'elle en sait ?!"... C'est à cette occasion précise que je me souviens avoir pensé pour la première fois à faire une thèse. » - q.641553 - 68 ans - 2026-08-13

3 récits : une même réponse : « On écarte et on empêche »

Changement d'établissement demandé à treize ans. Le fond de la classe, avec des atomes à empiler. L'inutilité d'aller chercher réponse. Un épiphénomène ?

Que sait-on de ces professeurs qui, pendant deux ans, ont tenu une élève par la menace de parler à son père - leur collègue, dans le même couloir ? De cette professeure de physique qui a trouvé, pour une élève qui posait trop de questions, une occupation au fond de la salle ? De ces énoncés d'universitaire qui verrouillent ?

Bien peu de chose. Aucune de ces 3 situations n'a fait l'objet d'un traitement. Aucune ne figure dans un rapport.

COMMENT MESURER CE QUE PERSONNE N'A JAMAIS EU A DECLARER
... et qui relève pourtant de ce que la loi du 7 février 2022 nomme maltraitance ?

Vous aussi, laissez-nous deux souvenirs de votre passage dans le système éducatif : un agréable et un désagréable.

https://lnkd.in/ewj6jNMC

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3 récits de micro-attentions scolaires : ce que nous disent celles et ceux qui en sont revenus

« Soyez fière de ce que vous êtes et de ce que vous représentez - phrase dite par ma prof de maths de prépa. Elle savait que j'avais honte de mes conditions de départ et que j'appréhendais les oraux de concours des grandes écoles, car je lui disais que je n'avais rien d'intéressant à dire sur moi. » - la même voix, 37 ans - 2026-08-08

« Durant mon deuxième master, j'ai eu une maîtresse de conférences juste incroyable qui m'a poussée à être la meilleure version de moi-même. Durant nos rendez-vous pour le mémoire, elle avait toujours des propos encourageants et bienveillants, comme : "Si j'avais que des étudiants comme vous, je voudrais encadrer plus de mémoires, c'est brillant." » - 26 ans - 2026-08-07

2 récits portent la même voix : des années de « c'est pas gagné », puis une parole qui donne une place.. et pour ce.lles.ux qui en sont revenu.e.s : un sens perçu, gardé, protégé.

Une phrase a suffi ? Non : il a fallu une personne pour la dire. Rien, dans l'institution, n'obligeait cette parole. Combien de trajectoires tiennent à une parole que rien n'oblige ?

L'école française peut-elle devenir ce lieu où ces paroles-là ne doivent plus rien au hasard mais à la structure même de l'école ?

L'ÉCOLE N'A PAS À ÊTRE RÉFORMÉE. ELLE A À PROTÉGER CE.LLES.UX QUI LA FONT DÉJÀ VIVRE.

Vous aussi, laissez-nous deux souvenirs de votre passage dans le système éducatif : un agréable et un désagréable.

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5 récits de maltraitance dans les lieux de l'accès aux savoirs

« Jusqu'au collège, tout allait bien. Puis, en 5e, en maths, nous... » (texte intégral à lire sur LinkedIn)

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4 récits de micro-attentions scolaires : ce que nous disent celles et ceux qui en sont revenus

« Les meilleurs souvenirs sont au primaire, où j’étais dans une école de village. On jouait dans le pré, tout le monde se connaissait, il n’y avait pas de distinction entre nous. Il y avait une instit’ sévère qui nous impressionnait, mais jamais d’humiliation, et les parents étaient présents et acceptés dans la vie de l’école "
– q.641553 – 49 ans – 2026-08-03 – impact très fort – choix marqués – décisions majeures

« J’ai eu la chance d’avoir une professeure de littérature extraordinaire. Nous avons beaucoup discuté des livres lus, décortiqué les personnages, leur tempérament et les raisons de leurs actions. Elle restera toujours dans mon cœur, car elle a su écouter chaque enfant et le valoriser. »
– q.641553 – 39 ans – 2026-08-06 – impact très fort – décisions importantes

« Un professeur à la faculté m’avait dit que je ferais de grandes études, en étudiant ma graphie. »
– q.641553 – 34 ans – 2026-08-03 – impact sensible

« Mon responsable de mémoire avait compris ma situation de santé. Il avait permis que j’obtienne des délais pour le rendu de mes travaux, avec une bienveillance et un soutien qui m’ont permis de valider mon Master 1. Sans lui, je pense qu’aujourd’hui je ne pourrais pas prétendre poursuivre mon Master 2 et rêver de faire un doctorat. »
– q.641553 – plus de 30 ans – master en cours – 2026-08-04 – impact très fort – choix marqués – décisions majeures

Ce que nous disent ces récits

Le quatrième récit est particulièrement saillant. Le répondant n’écrit pas : « J’ai obtenu un délai. » Il écrit : « Sans lui… »... Le dispositif existait déjà... Mais il a fallu une personne qui se batte pour le rendre effectif. C’est une personne qui l’a fait exister. Et cette personne fait vivre le dispositif "presque" contre l'institution, au risque d'être montré du doigt.

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4 récits de maltraitance dans les lieux de l'accessibilité aux savoirs

« En étant AESH à mi-temps étudiante en master IDAISI et en maternelle, j’ai assisté à des violences terribles de la part d’enseignantes. Je l’ai signalé, mais rien ne bouge. J’ai vu aussi des AESH humilier des élèves. »
– q.641553 – ACTUEL 2026 - 49 ans – 2026-08-03 – impact durable – orientation marquée

« L'’école, pour moi, a été comme une prison, sans pouvoir vraiment s’exprimer… La scolarité a été un champ de bataille, à l’école comme à l’université, car les profs ne savent pas accepter que, parfois, certains élèves puissent être beaucoup plus intelligents que certains adultes… »
– q.641553 – 39 ans – 2026-08-06 – impact durable

« J'utilise un logiciel qui qui s'appelle “antidote” pour ma dyslexie, et mes professeurs ils me disent tout le temps que je génère mes devoirs par un logiciel …Cette situation elle est stressante car maintenant j'ai plus confiance de ce type de logiciel et je prends plus de temps à écrire les collègues ou les copains et donc du coup maintenant les logiciels ne me sert à rien ..Comme on est handicapé, les enseignants pensent tout le temps qu’on triche. Mais ce n’est pas de la tricherie, sinon on n’aurait pas ce statut. »
– q.641553 – plus de 30 ans – master en cours – 2026-08-04 – impact très fort – choix marqués – décisions majeures

« Ma professeure de français me disait que je ne ferais rien de ma vie et que j’étais nulle en français. En réalité, j’étais excellente, puisque je suis devenue une collègue. »
– q.641553 – 34 ans – 2026-08-03 – impact sensible

« Tout change. Sauf les récits. » :
« Et si, avant de discuter des dispositifs, nous écoutions ce que produit le soupçon porté sur ce.lles.ux qui en bénéficient ? »

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4 récits de micro-attentions scolaires : ce que nous en disent ceux qui en sont revenus.

« En terminale j'avais du mal à trouver un projet professionnel et quand j'ai eu l'idée de devenir professeur des écoles, mon professeur de spécialité, qui était aussi mon professeur principal, m'a dit : "je pense que tu feras une bonne professeur et qu'avec ta sensibilité tu réussiras à déceler les problèmes que peuvent rencontrer les élèves". »
- q.641553 - 23 ans - 2026-07-28

« Mon instituteur de CE1 m'a encouragé lorsque je récitais mes poésies alors que j'avais énormément de difficultés à parler devant mes camarades. »
- q.641553 - 44 ans - 2026-07-27

« Une de mes enseignantes à l'université, en master d'anglais. Je préparais le CAPES. Elle était un peu "rebelle" dans ses propos vis-à-vis de l'institution et du système Éducation nationale. C'est la seule enseignante qui nous a parlé de tout ce qui n'est pas rose dans le métier d'enseignant. Elle n'essayait pas de nous vendre du rêve comme les autres. Sans elle mon arrivée dans le métier aurait été un choc ! »
- q.641553 - 39 ans - 2026-07-26

« Au collège, j'étais très timide. Je ne connaissais personne car mes parents avaient décidé de me mettre dans un établissement privé. Mon professeur de français a perçu et soutenu mon goût pour la poésie et le théâtre, c'était très important pour moi. Je l'ai adoré ! »
- q.641553 - 56 ans - 2026-07-18

Ce que nous disent ces récits :
- Une seule micro-attention suffit - quand elle a lieu - à soutenir une trajectoire. Une phrase en terminale, un encouragement en CE1, une franchise en master, un professeur de français au collège.
- À chaque fois, un professeur a vu ce que rien, au niveau des attendus de l'institution, ne l'obligeait à voir : une sensibilité, une timidité, un goût, un projet qui cherchait son idée.
- Ces gestes n'ont rien coûté de plus à l'institution : un mot, un encouragement, une parole incarnée. Et c'est ce geste qui les a guidés vers ce qu'ils sont aujourd'hui.
- MAIS CES ENSEIGNANT.E.S ONT AGI SEULS, malgré l'émiettement des heures, des effectifs, des programmes, de ce temps des réformes... Rien ne les y obligeait, rien ne les protégeait. Rien ne les y oblige, rien ne les protège. Ils sont les nouveaux homards au moment de la mue - cf. Dolto - transfert :).-

Pendant ce temps, l'organisation scolaire protège ce.lles.ux qui, sous couvert de « sévérité pédagogique », d'« autorité », de « bienveillance"..., maltraitent - au sens de la loi du 7 février 2022 - des personnes qui, de par leur statut d'élève, n'ont parfois même pas les mots pour nommer leur expérience.

« Tout change. Sauf les récits. »

Et si protéger l'École, c'était d'abord protéger ces enseignant.e.s-là : comprendre ce qui se joue, leur donner une reconnaissance, un collectif, du temps - autant d'îlots de reliance - le temps que nos normes basculent vers une organisation capacitante ?

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4 récits de maltraitance scolaire

« Quand j’étais en primaire, je pleurais souvent car les autres élèves se liguaient contre moi. Une fois, ma maîtresse est arrivée pour nous chercher et, dans le rang, je pleurais seule d’un côté, avec les autres qui se moquaient ouvertement de moi. Elle m’a demandé ce qu’il y avait et, avant même que j’aie fini d’expliquer, elle m’a coupée en disant que je devais arrêter de chialer pour rien. » – q.641553 – 23 ans – 2026-07-28 – impact durable – orientation marquée – décisions touchées

« À l’école primaire, en CM2, lorsque nous ne répondions pas aux attentes de l’institutrice, elle pouvait nous envoyer des craies, voire la brosse qui servait à nettoyer le tableau. »
– q.641553 – 44 ans – 2026-07-27 – impact sensible – orientation marquée

« En troisième, rendez-vous d’orientation obligatoire avec la conseillère d’orientation. Je lui expose mon souhait : passer un bac général (ES ou L) pour aller en fac d’anglais et devenir prof d’anglais. Sa réponse est directe : “Vu vos résultats, allez en bac pro. Vous n’êtes pas bonne en maths ni en LV2. Ne faites pas d’études longues.” J’en suis ressortie en pleurs. »
– q.641553 – 39 ans – 2026-07-26 – impact très fort – orientation sensible – décisions majeures

« En classe prépa, hypokhâgne, souvenir humiliant de la prof de latin qui se fichait de nous quand on passait au tableau. Moi qui consommais des chewing-gums, elle me traitait de vache qui rumine… La prof de philo nous montait les uns contre les autres ; un jour, elle nous demande d’écrire sur un papier le nom de l’élève que l’on n’aimait pas dans la classe (je ne l’ai pas fait), puis… elle les a lus à toute la classe. Je n’ai jamais compris ce besoin d’humilier de bons élèves. Était-ce pour faire du tri ? Pour nous inciter à la concurrence ? J’ai dû faire une dépression cette année-là et j’ai eu d’énormes angines à répétition. Il a fallu m’opérer des amygdales. Quand on pense à la pression que l’on subit déjà et au rythme de travail, ce comportement aggravait le stress de manière inutile ! Devenue prof puis inspectrice, la relation à l’élève a toujours été ma priorité. »
– q.641553 – 56 ans – 2026-07-18 – impact durable – orientation sensible – décisions importantes

Ce que nous disent ces récits :

- Les personnes ont aujourd’hui entre 23 ans et 53 ans.
- Elles ne se connaissent pas.
- Elles n’ont pas fréquenté les mêmes établissements.
- Elles ont traversé un système scolaire qui n’était pas régi par les mêmes textes ni les mêmes dispositifs.
- Ce ne sont pas les mêmes professeurs, ni les mêmes formations (École normale, IUFM, ESPE, INSPE…).

« Tout change. Sauf les récits. »
Et si c’étaient eux qu’il fallait enfin mettre au centre des discussions sur l’école… et sur la formation des enseignant.e.s ?
Liliane Pelletier et 4 autres personnes

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La pause académique m'offre l’occasion de revenir vers celles et ceux ayant manifesté leur intérêt à suivre la recherche et l’enquête sur ce qui se joue à l’école, l’université, et ailleurs : "2 souvenirs, pour une recherche sur la vie en santé dans les lieux des savoirs : souffrance(s) et levier(s)"
https://lnkd.in/ewj6jNMC

A ce jour, 2 600 réponses. (depuis mars 2025) et des résultats accessibles :
- The Conversation : https://lnkd.in/ehcPNGky
- un chapitre partagé en accès ouvert : « Micro-violences et négligences de l’institution scolaire à l’égard des élèves : un impensé de la formation des enseignants » : https://lnkd.in/e9RDNDfv

- sur le site, https://lnkd.in/eceppkNs

Alors si l'envie ou si d’autres souvenirs reviennent en mémoire, cela m’intéresserait beaucoup de les recueillir : ils seront lus avec le même intérêt :

Et pour toute autre question, information ou idée, c’est maintenant

https://lnkd.in/eceppkNs
Sabrina Caro et 3 autres personnes

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OU ÉTIONS-NOUS LORSQUE CES GESTES, ATTITUDES OU PROPOS SE DEROULAIENT OU S'ENTENDAIENT (Cf. TAbleau ci-dessous) .. AVONS-NOUS ENCORE ENVIE D'ÊTRE CES ÉDUCATEURS LÀ... où peut être pire AVONS NOUS ENCORE ENVIE DE LAISSER SE DEVELOPPER-PERPETUER CES ATTITUDES LÀ ?

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N’ayez pas honte. Relions nous. Cette honte doit changer de camp.

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Un problème récurent connu de la recherche depuis 2008 (Plaisance et al, 2008)

lnkd.in/eq5G9tuA.

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Acte 1/3 - Féminicide, infanticide... : 24 actes mortels ou quasi-mortels par jour (?)
6 féminicides en 9 jours, nous rappelle Nadia BOUGHIDA BAKOUR. Mais l’habitude de compter par silo masque effrite la force de du propos - déjà dramatique en soi -.

Que peut-on dire de ce total ?
- D’abord : seul 1 cas sur 6 est déclaré (SSMSI, ministère de l’Intérieur, 2025). Sur cette base, en comptant :
- 107 femmes tuées par leur partenaire en 2024 (DAV, 2025) ;
- 403 tentatives d’homicide conjugal, dans le même rapport, mais dans un autre tableau (DAV, 2025) ;
- 906 suicides ou tentatives liés au harcèlement par conjoint, +17 % en un an (MIPROF/SSMSI, Lettre n°25, 2025) - non intégrés au comptage des féminicides ;
- 60 enfants tués par maltraitance familiale, soit 1 mort tous les 5 jours (ONPE, 2025).

Sans tenir compte de :
- 5,5 millions de Français marqués par l’inceste - 10 % de la population (CIIVISE, 2023) ;
- 46 % des enfants accompagnés en protection de l’enfance victimes de violences sexuelles, avant ou pendant leur placement (Union pour l’Enfance, 2025) ;
- 600 000 personnes âgées maltraitées (Fédération 3977) - combien en décèdent ?
- 64 % du personnel soignant en institution déclarent avoir commis un acte de maltraitance dans l’année (Yon et al., 2019, repris par l’OMS).

Relions ces chiffres.
-1 476 actes mortels ou quasi-mortels enregistrés par an. Soit 4 par jour. Mais puisque seul 1 cas sur 6 est déclaré, ce sont 24 actes mortels ou quasi-mortels qui se dérouleraient chaque jour en France.
- 6,3 millions de personnes vivent avec ou portent la marque de ces violences.
- Sans compter les survivant·e·s rendu·e·s tétraplégiques, défiguré·e·s, handicapé·e·s - « Pour être complet, il faudrait ajouter à ces décès comptabilisés les personnes qui sont restées mutilées, infirmes à vie ou sont décédées à l’hôpital des suites de leurs blessures mais plusieurs mois après, ainsi que celles qui se sont suicidées du fait des violences exercées par leur partenaire. » (rapports DAV)
Et en dessous de ces chiffres, le mécanisme ordinaire : celui des micro-violences qui, dans nos organisations, nos universités, notre système éducatif, préparent le terrain ou maintiennent les conditions de possibilité de cette brutalité. La collègue en position basse dont la parole n’est pas accueillie, jsuqu'à l'élève humilié qui apprend à se taire. Ce n’est pas une autre question - c’est la même paroi vue d’en bas. Celle qui sépare ce qui est affiché de ce qui est cautionné.
Et qui se retrouve dans les chiffres : la Suède compte depuis 2019 les violences graves non mortelles (Socialstyrelsen). L’Australie dispose de death review committees multi-sources (ANROWS).
La France n’a ni l’un ni l’autre, ni autre chose. Le comptage officiel est construit pour sous-compter. L’émiettement est aussi dans la méthode même.
Jusqu’à quand souhaitons-nous cette norme-là ? (1/3)

#microviolences #enfanticides#féminicides #violencesinstitutionnelles #éducationinclusive

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… Les mots manquent ici pour dire cette terreur du quotidien, l’émiettement de nos institutions, jusqu’à la désolation de ces vies broyées.

Il faut pourtant rajouter à ces chiffres ceux, tout aussi terrifiants, des plus jeunes, des anciens et de tous ceux qui, parce que rendus fragiles au regard de la place qui leur est attribuée dans nos organisations, deviennent également, en temps de paix, les proies faciles de cette brutalité bestiale.

Désolation – désarroi – soutien – présence – respect pour votre courage à affronter ces questions.

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30 001 vues : les micro‑violences éducatives pour désigner un impensé de l’institution scolaire.
La notion de micro-violence sert à désigner un défaut majeur dans le rapport éducatif d'autorité, d'autant plus insidieux qu'il est légitimé, camouflé ou enfoui institutionnellement par la littérature fonctionnelle contemporaine.

Elle permet une mise au jour d'une logique de pouvoir de type biopolitique (Foucault, Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France, 1978-1979, Gallimard/Seuil, 2004), avec des techniques gouvernementales qui visent en priorité une surveillance des populations désignées comme vulnérables (minorités, genre, handicap...)

Ancrages mobilisés : Arendt (la banalité du mal), Milgram (l'état agentique), Chevallard (l'institution comme dispositif), hypocrisie organisationnelle (Brunsson, 1989, 2003 ; Dumez, 2016) et  "pouvoir d'agir" au sens premier de l'agency (Suau, 2024)

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Actualités... Université

"J'ai un diagnostic d'autisme et de dyslexie donc j'ai la possibilité de concourir dans une salle à effectifs réduits. C'est la première fois que je demande cet aménagement. Il m'a été refusé à plusieurs reprises, alors que le président de l'Université avait signé l'arrêté."

"On m'a dit que c'était pas possible, qu'il y avait pas assez de budget pour deux surveillants, que s'il fallait faire ça pour tout le monde..."

"Une enseignante, quand je lui ai rappelé que j'avais des aménagements, m'a dit : moi aussi je suis dyslexique, j'en fais pas un plat. J'ai réussi, il n'y a pas de raison que tu ne réussisses pas."

"Il a fallu que ce soit son collègue qui lui dise : là tu t'exposes à des problèmes. Et c'est que comme ça qu'elle a dit bon d'accord - mais attention, je te surveille. Elle a été tout le temps à côté de moi."

"et en plus j'ai été placée dans une salle donnant sur la sortie de l'amphi - avec les étudiants qui sortaient après l'épreuve et qui, très excités, échangeaient..."

Un phénomène à la marge ? Ou un problème structurel ?

Aurélie Djavadi, Jérôme Dinet, Liliane Pelletier, David Dabert, Elodie Marques,
Rodolphe Dumouch, Alizée Motte, Marianne Bégin, Tatiana Kačan, Edwige
Helmer-Laurent, Eric Plaisance, Lison Hesse, Cécile Barnaba, Géraldine Suau,
Jonathan Niyongabo, Andreea Gruev-Vintila, Claudie Lecot, Pierre Roussy,
Yannick Gnanou Maury, Nancy Granger, Mohamed El Hannoudi, Lionel Willaume, Hélène Romano, Hanine Mansouri, Yasmina Kebir, Pierre Mutzenhardt, Hélène Boulanger Provost, Samuel Alain Hehn, Stéphane Leymarie, Blandine Hubert, Corinne Bornet, David Bourguignon, Anne-Lorraine Wagner, Jean-Philippe Hainaut, Mathieu Hainselin, Vincent Berthet, Sylvie Vitel, Delphine Sardin

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À 68 vues des 30 000 pour cet article qui introduit l’impensé de l’institution scolaire : les micro-violences, cette forme prototypique d’une violence qui ne porte pas - encore- ce nom.
Avec un recueil de plus de 4 000 souvenirs scolaires (positifs et négatifs), la statistique confirme cette hypothèse (publication en cours) : ce n’est pas un épiphénomène.
Ce que la recherche montre, c’est que l’organisation scolaire, dans sa forme même, laisse passer des agissements qui vont bien au-delà de ce que l’institution demande en termes d’autorité.

Merci pour vos soutiens : Aurélie Djavadi Jérôme Dinet Liliane Pelletier David Dabert  Elodie Marques odolphe dumouch Alizée Motte Marianne Bégin Tatiana Kačan Lison Hesse Hélène ROMANO  claudie lecot geraldine suau said ait hammou taleb...

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« Sortir de l’angle mort », dit avec finesse Andreea Gruev-Vintila ; « conscientiser les points aveugles » en ce qui concerne le système éducatif et ses publics. Du « contrôle coercitif » à « l’hypocrisie organisationnelle » (Brunsson, 1989), il n'y a qu'un pas : c’est la même paroi.
,
Outre la violence faite au genre fémininn celle de l’enfant maltraité ici, l'élève humilié, l’inceste là, la femme handicapée ailleurs. Chaque chiffre dit la même chose. Un même impensé. Le rapport de nos institutions aux publics dont elles prétendent avoir la charge ouvre - sans y prêter garde, mais désormais de manière informée - une voie protectrice à l’expression de nombreuses dérives proches de la banalité du mal (Arendt, 1963).
Pour celles et ceux en position basse :
- à la blessure s’ajoute l’humiliation de devoir se résigner ;
- et si les mots osent s’exprimer, l’injure d’avoir parlé ;
- et, pour les plus isolés, des atteintes à l’intégrité physique.

Avons-nous vraiment encore envie d’être cette norme là, pourvoyeuse de ces éducateurs, de ces citoyens-là ? D’autres pays ont fait d’autres choix.

https://lnkd.in/edyQYrSD

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Le "contrôle coercitif" rejoint ici les travaux en contexte éducatif autour des « micro-violences » - ce que l’institution produit « sans le penser » -.

La formation de tous les agents, au premier rang desquels ceux du système éducatif — premier degré, second degré, universitaire — apparaît essentielle.

Nos silos disciplinaires invisibilisent ce qui devrait être vu, lu et mis en discussion par tous.

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Baisse du niveau scolaire et dégradation salariale des enseignants

"Et si la dégradation salariale des enseignants et la baisse du niveau scolaire étaient cohérentes plutôt que contradictoires ?"

C’est la question qui se pose à la lecture du post de Laurent BABIKIAN sur le grand déclassement salarial des enseignants entre 1980 et 2024 : 4,1 × le SMIC en fin de carrière en 1980, contre 1,9 × en 2024 ; 2,1 × à 1,1 × en début de carrière. Mais ces chiffres peuvent être lus autrement que dans une perspective fonctionnelle.

Une lecture foucaldienne (Foucault, 1975) ouvre cette hypothèse : le rapport éducatif s’inscrit dans une logique biopolitique. Les techniques gouvernementales y visent prioritairement la surveillance des populations dites vulnérables -les élèves en premier lieu - bien plus que l’accès aux savoirs. Lorsque l’institution fait ce choix, la rémunération suit, mécaniquement.

La seconde population vulnérable est alors bien celle des enseignants. Le fameux « développer l’esprit critique » devient une injonction qui ne tient réellement que pour celles et ceux à qui les conditions du discernement ont été données ailleurs : capital culturel, transmission familiale, place reconnue dans le rapport éducatif. L’injonction renforce ainsi ce qu’elle prétend combattre.

Pourtant, dans l’inconfort de cette « hypocrisie organisationnelle » (Brunsson, 1989), des héros-éducateurs, exposés au burn-out, œuvrent dans les petits pas du quotidien.

Apprenons donc à les protéger plutôt qu’à hurler avec la meute.

Sortir de l’émiettement de la logique inclusive, des minorités isolées (genre, ethnique, linguistique, handicap), restaurer la responsabilité éducative par l’accessibilité distribuée : https://lnkd.in/eKU6uAUm

Le post de Laurent BABIKIAN https://lnkd.in/e2XU6HEE

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1 enfant sur 5 en Europe est concerné par un rapport de maltraitance majeur (Scherrer & Van Ballegooi, 2017). Environ 60 % des élèves français estimaient, en 2003 ou en 2022, que leurs enseignants ne s’intéressaient ni à qui ils sont ni à leur progression (PISA).

Ces chiffres, en France, n’interrogent pas encore nos politiques éducatives ni nos systèmes de formation. Tout se passe « comme si » le système scolaire était préservé des questions liées à l’autorité abusive, « comme si » les enseignants n’étaient pas, avant tout, des adultes de la société civile.
Le rapport du Défenseur des droits, en 2019, le rappelle sans pour autant y changer quoi que ce soit : « Les violences sont une réalité dans le quotidien des enfants, y compris au sein des institutions dans lesquelles ils sont accueillis ou pris en charge » (p. 1).
Ou encore : « Le fonctionnement des institutions publiques est susceptible en lui-même d’induire ou d’amplifier les violences faites aux enfants dont elles ont la charge » (p. 1).

Un étrange impensé.

C’est une enquête sur cet impensé qui fait l’objet du chapitre de l’ouvrage Formation aux pratiques inclusives. Tension(s) entre reproduction et innovation (Perez, Suau, dir., Éditions de l’Université de Lorraine, 2024).

La thèse : tant que la qualité du rapport interpersonnel reste laissée à l’appréciation individuelle, de nombreuses formes "d’exclusion de l’intérieur de l’institution" restent opérationnelles.

EDUL : https://lnkd.in/e9RDNDfv

HAL : https://lnkd.in/e5AMitXJ

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Lorsque Foi, Science, amour de ses racines, œuvrent ensemble, il se dégage un « je
-ne-sais-quoi, un presque-rien » (Jankélévitch) qui dépasse les singularités et fait œuvre collective.
Respect pour Jonathan Niyongabo, dont la seconde thèse - en Histoire et Théologie- , après celle déjà soutenue en Sciences de l'éducation et de la formation - incarne ce qu'il décrit ici : courir après le savoir, pas après les notes. Autonomie, compétence, appartenance ne sont pas que des concepts. Ce sont des manières d'habiter son existence. Du Burundi à la Lorraine, ce qu'il transmet n'est pas une mention. C'est une manière courageuse d'apprendre à se rendre disponible au monde ; et à celles et ceux qui le partagent.

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Merci pour ces chiffres. 10 % / 25 %. 45 % / 65 %.
Ces écarts ne disent pas que les enseignants français manquent de bonne volonté. Ils disent que la loi française, elle, n’a jamais voulu -ou pu- penser autre chose.
Le seul droit que le Code de l’éducation a inscrit pour les parents, c’est le droit à « l’information régulière ». Loi Jospin 1989, formalisé en 2006 par le décret n° 2006-935.
Et cette même loi a installé une rumeur dans les écoles : « L’élève est au centre du système. » Double malentendu. Si l’élève est au centre, les parents glissent à la périphérie — alors que, dans le droit comme dans les faits, l’élève n’a jamais été au centre, et la coéducation se réduit à l’obligation pour l’établissement d’informer les parents.

C’est ce que la thèse de @Claudie Lecot, doctorante au LISEC, met au jour. De Ferry (1881) à la refondation (2013), les parents demeurent à la périphérie d’une institution construite sans eux, parfois contre eux. Le malentendu est là. Kalubi-Lukusa et Lebeau (2008) le formulent ainsi : « aux yeux de l’école, le parent reste un étranger dont il faut se méfier ».
Mais la thèse de Claudie Lecot est ailleurs. Elle montre aussi les petits pas du quotidien qui existent déjà, et qui dessinent d’autres voies que nos institutions doivent apprendre à protéger.

Une des premières conditions de ce lien : apprendre à « conscientiser que nous sommes pris dans des structures de pouvoir » (Paulo Freire, La pédagogie des opprimés).

⏺ #éducation #relationparents #recherche #LISEC #microviolences #microattentions

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MICRO-VIOLENCES : introduire au débat

Il manque 500 vues pour parvenir à 30 000 vues pour cet article qui introduit l’impensé de l’institution scolaire : les micro-violences, cette forme prototypique d’une violence qui ne porte pas -encore- ce nom.
Avec un recueil de plus de 4 000 souvenirs scolaires (+ et -), la statistique prouve cette hypothèse (publication en cours) : ce n’est pas un épiphénomène. C’est structurel et organisationnel avant d’être propagé par le pédagogique ou le didactique.
Ce que l’on ne peut pas aujourd’hui qualifier de « harcèlement », de « négligence » ou de « maltraitance » produit, de manière délétère, de l’orientation par le bas, de l’humiliation et, surtout de l’isolement envers soi-même, les autres et les institutions.

Et ce qui s’ouvre là, aujoud'hui plus qu'hier, c’est le passage à l’acte contre soi-même, contre les autres, contre les organisations. À l’inverse, une seule micro-attention suffit -quand elle a lieu- à soutenir une trajectoire. Il n'y a donc pas lieu de réformer l'école mais de s'interroger sur ce qu'elle doit soutenir.

En effet à ce jour, l’organisation scolaire, apparait comme le produit d'une forme finissant par protéger celles et ceux qui, sous couvert de « sévérité pédagogique », abusent de personnes qui, de par leur statut d'élève, n’ont parfois même pas les mots pour le dire et, quand ils y parviennent, passent sous les radars de ceux qui sont supposés les écouter.
Pour ces héro.ine.s à haut risque d'exclusion, à l'injustice vécue s'ajoute l'injure d'avoir parlé... Et il en va de même pour ces enseignant.e.s qui se mettent eux-même en situation délicate s'ils sont simplement porteurs de micro-attentions.
 #MicroViolences #MicroAttentions #politique #Ecole #lisec

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Repenser à partir de l’isolement institutionnalisé — Des micro-violences éducatives à la reliance scolaire

« Que faire de cette conscientisation que l’École blesse en silence le plus grand nombre, tout en sachant qu’à la marge, elle sait et peut relier ? »

En libre accès, le premier volet du dossier « Éducation et micro-violences » de La Nouvelle Revue – Éducation et société inclusives (n° 103, INSEI).

Adossé aux réponses de 280 étudiants MEEF (2023-2025) sur deux de leurs souvenirs scolaires, il ressort, même pour cette « élite » du professorat du système français, comment de petits gestes, paroles ou attitudes du quotidien, banalisés par l’institution, produisent un isolement intériorisé, durable, surdéterminant les trajectoires scolaires, sociales et de santé.

La voie ouverte par ces « survivants » du système éducatif (10 % de la population lycéenne arrive à bac+4) montre que, pour eux, il y a eu réparation par une reliance humaine qui a fait sens - je l’ai nommée, avec mon collègue Jean-Marie De Ketele- « les micro-attentions ». Une voie déjà-là dans les pratiques du quotidien de certains enseignants, mais institutionnellement non protégée, et mettant en risque d’isolement celles et ceux qui s’y essaient.

Non plus une école où l’élève s’adapte. Non plus un environnement qui rendrait accessible. Mais un environnement capacitant où chacun - enseignant, élève, organisation - se relie.

Un dossier sur les micro-attentions, avec les résultats de recherche, est en préparation.

#MicroViolences #MicroAttentions #ÉducationInclusive #Reliance       #SciencesDeLÉducation #ÉcoleInclusive #LISEC #protoviolence

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Et si l'isolement à l'école était la racine de maux bien plus profonds ?

Le témoignage de "Lilimay", diagnostiquée d'un Trouble de la Personnalité Antisociale (TPA), est une leçon sur notre rapport à l'autre - et une lecture de notre système éducatif.

Son courage, d'abord, nous livre une vérité, résumée en une phrase : Mettre des mots, à deux, a été un lieu pour me tenir devant d'autres (nous, à travers cette vidéo).

Ce qu'elle nous apprend en 2 points :

▪️ Ce qu'elle montre contredit ce qu'elle affirme. Elle dit
 sa froideur, mais elle parle, et elle ferme son propos en
 s'adressant : « s'il y a des personnes qui se reconnaissent
 dans ce que je dis [...] tant qu'on sait pas ce que c'est,
 il y a une difficulté à se placer ». Tout se joue d'emblée
 avec l'autre. Mais ce n'est pas une histoire d'émotions ni de sensibilité. C'est une histoire du "donner une place" - concept central des travaux de @Géraldine Suau - qui est le geste identifié comme le plus difficile pour un enseignant... et qui rejoint celle de "se placer" pour l'élève. C'est donc toujours l'histoire d'un « pour-soi-vers-autrui » un soi qui ne prend sens que parce qu'il y a un intérêt à le faire (cf  l'orchidée et la bibliothécaire).

▪️ Or, L'école -nous dit l'enquête sur les souvenirs scolaires (2200 à ce jour) - peut être très souvent une machine à isoler (cf  souhaitons-nous être ces enseignants-là ?)

Les  micro-violences scolaires (MV) ne sont pas un défaut d'émotion, elles sont le symptôme d'une institution qui, à travers ses agents, protège l'isolement. Un isolement qui rapproche du TPA ceux qui ne l'étaient pas... et enracine ceux qui le seraient déjà.

Bravo à Lilimay pour sa parole, et à ceux qui l'ont rendue  possible - en particulier à celle qui l'a d'abord aidée à se reconnaître comme une personne.

Aux autres, il serait utile de cesser de lire les MV comme un défaut d'émotion. Pensez-les comme Lilimay nous les livre : ce qui se joue -ou ne se joue pas - entre un sujet, ceux qui l'entourent et l'institution qui en organise les rapports.

Et demandons-nous quels indicateurs un système peut se  donner pour repérer et soutenir - via ses agents - les micro-attentions, ...ces gestes qui tiennent les sujets, et qui rendent alors très utiles les institutions qui en organisent les rapports - donc dignes d'être également protégées. Par tous, TPA compris.

Ce que nous apprendrait Lilimay -si on se rendait aussi fin que celle qui un jour a pu/su l'écouter- relève bien ainsi plus du générique que du spécifique

#microviolences #microattentions #éducationinclusive #TPA #santémentale

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Ci-dessous une offre d'excellence dirigée par notre collègue A. Bergamaschi (CREAT), dans laquelle nous prenons plaisir à contribuer. Elle s'adosse pour partie à l'un des 2 parcours existants du Master MEEF-PIF parcours « Éducation et Pratiques Inclusives » (EPI).
Ces offres de formation partagent 1 interrogation et 1 point commun :
- L'interrogation : « Comment passer du mot d'ordre "inclusion" à des gestes, des attitudes, une relation éducative qui rattachent - à soi, aux autres, au savoir, à l'école, l'université, à la société ? »
- Le point commun : ces formations sont adossées à un programme de recherche singulier - plus de 150 publications scientifiques sur les tensions de l'inclusion, entre « anthropologie », « altérations », « transitions », « objets de savoir », « diversité » et « pratiques », à la croisée des sciences de l'éducation, de la sociologie et de la psychologie.

Le parcours M2 EPI, c'est enfin un vivier d'étudiant.e.s pour la recherche en éducation avec la production de 7 thèses de doctorat en Sciences de l'Éducation et de la Formation (Ecole doctorale SLTC)

-Frédéric Dupré, « Pratiques inclusives en mathématiques dans le second degré : études de cas en ULIS collège », soutenue en 2019

-Saïd Ait Hammou Taleb, « Les praxéologies des chargés d'accueil et d'accompagnement dans une université inclusive », dir. J.-M. Perez, soutenue en 2022

-Léa Chabanel-Kahlik, "Connaissance et reconnaissance du travail de préparation des professeur·es des écoles en France" dir. P. Champy-Remoussenard, soutenue en 2024

- Élodie Marques, « Pratiques infirmières en milieu scolaire : coordination des soins et interprofessionnalité pour une école inclusive », dir. J.-M. Perez et G. Suau, en cours (LISEC, 3e année)

-Claudie Lecot, « La coopération parents-enseignant pour une école primaire : le grand malentendu », dir. J.-M. Perez, (LISEC, 2e année)

-Jean-Christophe Olive, « Dispositif d'inclusion scolaire, malentendus et dépassement : une contribution à la théorie des rapports Institution-objet-agents », dir. J.-M. Perez, (LISEC, 1e année)

-Mélanie Gualandi, « les obstacles à la participation des étudiants et l'université inclusive », dir. G. Suau, (LISEC, 1ere année)

Cette ambition recherche & formation place l'Université de Lorraine sur la scène nationale et internationale en matière d'excellence - sur ce qui fait accessibilité-, et sur ce que cette accessibilité produit dans l'efficacité d'un système éducatif national ou international-.

https://lnkd.in/e2Qrb_Qk

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▸EST-CE QUE NOUS SOUHAITONS ÊTRE CES ENSEIGNANTS-LÀ ? (5/10)
Promu et Intouchable mais...

« J'avais toujours zéro en dictée. Une fois, j'ai  obtenu une meilleure note - il a recouvert entièrement ma copie en écrivant  "bravo" à l'encre rouge. Mon voisin, il l'avait surnommé "le cheval". Un autre, "le putois"...... Quelques années après, j'ai appris que cet enseignant était devenu directeur de la nouvelle école du village. » — Femme, 33 ans

▸ « En seconde, le professeur m'a rendu un 3/40 en me disant qu'il se demandait ce que je faisais là et si je ne devrais pas plutôt m'inscrire en
 CAP couture. Un garçon de ma classe vomissait avant chaque cours. Des parents  ont tenté de faire remonter ce comportement. Sans résultat.
... 35 ans plus tard,  mes enfants ont entendu le même type de propos en classe, tenus par leur  institutrice. » - Femme, 46 ans

▸ « En CE1, mon enseignante mettait des fessées aux élèves, pantalon baissé
 devant la classe, enfant avec du Scotch sur la bouche, tirage d'oreilles… J'allais chaque jour à l'école avec la boule au ventre. Mes parents ne sont jamais allés la voir.  Cela ne se faisait pas. L'enseignante du village était un personnage reconnu.  » - Femme, 47 ans

EST-CE QUE NOUS ACCEPTONS ENCORE QUE CE SOIENT CES ENSEIGNANT.e.S-LÀ QUI SOIENT PROMU.e.S ...quant d'autres qui font vivre l'École sont en risque d'exclusion de l'intérieur ....

#MicroViolences #HypocrisieOrganisationnelle #Brunsson #FormeScolaire     #Éducation #Recherche

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EST-CE QUE NOUS SOUHAITONS ÊTRE CES ENSEIGNANTS-LÀ ? (5/10)
"À L'ERREUR de s'être trompé se rajoutte l'HUMILIATION ...voire l'INSULTE ?"

• Années 1970 : « En seconde, une professeure rendait nos DS en donnant notre note à voix haute devant tout le groupe classe. "Mademoiselle, c'est à se demander si vous êtes née en France ! Comment se fait-il que vous n'ayez pas été orientée en CAP ?" » (Femme, 54 ans)

• Années 1980 : « Les notes étaient données dans l'ordre décroissant, et le niveau était plus avancé que le mien. C'était très anxiogène et humiliant, suivi de remarques parfois violentes. J'en ai développé une phobie des contextes d'apprentissage et j'ai renoncé aux études. » (Homme, 48 ans)

• Années 2010 : « Ma professeure de collège affichait mes devoirs dans la classe et faisait un classement de mes scores négatifs de dictée pour montrer ce qu'il ne fallait pas faire. » (Femme, 31 ans — dyslexique)

• ECOLE ACTUELLE : « Une professeure de maths distribuait les copies dans l'ordre de la pire note à la meilleure note. C'est humiliant. Aujourd'hui j'ai toujours encore peur des maths. » (Femme, 20 ans)

•ECOLE ACTUELLE « Ma professeure de mathématiques ne me fournissait aucune aide, se moquait de mes notes devant toute la classe et m’a dit que je finirai ma vie sous un pont. » (Femme, 21 ans)

Ce que met en évidence un corpus de + de 2 000 souvenirs scolaires, de 1960 à 2026, c'est la récurrence de situations où l’erreur punit, expose, humilie.

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ANALYSE

L'erreur se découvre comme un levier qui profite à une confusion entretenue. L'école est à la fois le lieu où l'on apprend des savoirs (et l'erreur est constructive) ET un outil de régulation sociale (l'erreur sert de "mise au pas", de "mise à la norme").

Mais le "ET" n'est pas de même égalité : un enseignant qui n'évalue pas n'a pas le même poids que celui qui juge l'élève.

Ce n’est donc pas qu'une dérive individuelle ; " l'erreur " est la fonction même que la forme scolaire lui assigne. Et il ne pourra rien être reproché à ce que l'organisation nomme "enseignant de la fonction publique d'État".

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D'où la question : EST-CE QUE NOUS SOUHAITONS TOUJOURS DE CETTE ÉCOLE LÀ ?

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#Éducation #Pédagogie #Erreur #SystèmeÉducatif #Microviolences#Apprentissage #ImpactSocial #humiliation #isolement

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EST-CE QUE NOUS SOUHAITONS ÊTRE CES ENSEIGNANTS-LÀ ? (1/10)
À l'humiliation publique se rajoute l'insulte

▸ Années 1980-90
« En CM2, ma prof principale se moquait de moi parce que j'étais gros et que je n'arriverai à rien dans la vie. »

« En CE1, j'avais une enseignante très humiliante, qui s'en prenait à beaucoup d'enfants. »

▸ Années 2000-2020
« En 3e, ma professeure de maths affichait devant tout le monde ceux qui avaient de mauvaises notes. »

« En 3e, ma prof d'anglais a dit devant toute la classe que j'étais c** car je n'avais pas compris. »

En 2026
« Une professeure d'université m'a pointé du doigt devant toute la promo car j'avais osé boire pendant le cours. »

40 ans d'écart. Ce ne sont pas les mêmes cycles, Ce ne sont pas les mêmes personnes, Ce ne sont pas les mêmes textes fonctionnels... Mais c'est le même geste. Humilier publiquement dans l'enceinte scolaire.

"l'accès au savoir" se confond avec "une mise au pas" .
AVONS NOUS ENVIE DE LAISSER VIVRE ET DIRE DES CHOSES COMME CELA ?

#humiliationpublique #microviolences #éducation #contrôlecorporel #scotchsurlabouche #humiliationpublique

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📍Le Master 2 EPI est ouvert aux candidatures jusqu'au 21 juin 2026
📍 Grade Master 2 - 80% à distance · 297h sur 1 ou 2 ans.
📍 https://lnkd.in/ehcgECDZ

L'éducation inclusive est à considérer comme un objet en tension. Si l'effet de démocratisation de « l'École pour tous » est quantitativement incontestable, de nombreux malentendus demeurent pour l'ensemble des acteurs de la communauté éducative et font obstacle à ce projet de société

Le Master 2 EPI — Éducation et Pratiques Inclusives répond à cela.

Ce parcours vise à faire développement professionnel à partir d'une approche pluridisciplinaire :

Adossé à 6 laboratoires de recherche (Sciences de l'éducation, Psychologie, Philosophie, Apprentissage et Didactique) construit au plus près des praxéologies professionnelles, il s'adresse aux personnels de l'enseignement, de l'éducation qui souhaitent mettre au travail leur processus de professionnalisation.

📍 Formation pensée pour les salariés en exercice, le mercredi après-midi et le samedi matin (le tout à distance)
📍 Seulement 2 x 4 jours de regroupement en présentiel (pris sur les vacances scolaires)
📍 Candidatures ouvertes jusqu'au 21 juin 2026
#ÉducationInclusive #MasterMEEF #INSPE #UniversitédeLorraine #FormationContinue #microviolences #microattention
#accessibilité
https://lnkd.in/ehcgECDZ

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𝗗𝗲𝘀 𝗺𝗶𝗰𝗿𝗼-𝘃𝗶𝗼𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘅 𝗺𝗶𝗰𝗿𝗼-𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 : 𝗨𝗻𝗲 𝗼𝗿𝗰𝗵𝗶𝗱𝗲́𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗕𝗨
𝘌́𝘱𝘪𝘴𝘰𝘥𝘦 3/3  construire & institutionnaliser)

Qu'est-ce que cette bibliothécaire sait et que l'institution ignore ?

Elle sait qu'une voix de détresse ne se traite pas par un formulaire. Elle sait qu'une salle fermée pour raisons sanitaires peut devenir une ressource. Elle sait qu'un mot sur une liste vaut plus qu'un dispositif.

Ce savoir n'est inscrit nulle part : il ne figure dans aucune fiche de poste, aucun référentiel, aucune circulaire. Et pourtant c'est lui qui produit ce qui un peu plus tard deviendra un réseau d'attention à l'étudiant.e dans plus de 25 BU.

Pour cela 2 types de compétences pour qu'une posture s'habite : connaître l'institution suffisamment bien pour en voir les interstices ; et reconnaître l'autre.

Car c'est là toute la tension : 𝘶𝘯𝘦 𝘱𝘳𝘰𝘤𝘦́𝘥𝘶𝘳𝘦 𝘴'𝘢𝘱𝘱𝘭𝘪𝘲𝘶𝘦, 𝘶𝘯𝘦 𝘱𝘰𝘴𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘴'𝘩𝘢𝘣𝘪𝘵𝘦.

Mais la bibliothécaire sait aussi ce qui se passe de l'autre côté du couloir. Dans la même université, à la vue de tous, des personnels enseignants interdisent à des étudiants l'accès aux sanitaires, n'appliquent pas les tiers-temps officiellement attribués — et justifient ces pratiques en invoquant « un manque de respect vis-à-vis de la fonction enseignante ». Tout le monde le sait. Personne ne le nomme.

Ce n'est plus désormais à la bibliothécaire d'attendre que les communautés soient prêtes. C'est à l'institution de la laisser faire - et de dire à ceux qui défont : 𝗰̧𝗮 𝘀𝘂𝗳𝗳𝗶𝘁. Vous n'avez plus le droit. 𝗦𝗶 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗲́𝘃𝗲́𝗿𝗲𝘇, 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗮𝘂𝗿𝗲𝘇 𝗮̀ 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 ISOLÉ 𝗲𝘁 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗹𝗲 𝘀𝗲𝗿𝗲𝘇.

◎ Les micro-attentions : une « accessibilité distribuée » (Perez, 2026).

#microviolences #microattentions #inclusion #accessibilité #université #éducation #Institution

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EST CE QUE NOUS SOUHAITONS ÊTRE CES ENSEIGNANTS LÀ ? (2/10)

Le scotch sur la bouche : de la maternelle au CM1, des années 1960 aux années 2010

- 1960 « À la maternelle, l’institutrice me scotchait la bouche et m’attachait les pieds. Ce souvenir m’a suivi toute ma vie. »(Homme, 67 ans — scolarité années 1960)

- 1980 « Quand j’étais en maternelle, ma maîtresse me trouvait trop bavarde. Elle me mettait du scotch sur la bouche et m’attachait aussi parfois à une chaise. »(Femme, 49 ans — scolarité années 1980)

- 2010 « En CM1, la professeure trouvait un élève trop bavard. Elle a donc décidé de le faire taire en le bâillonnant avec du scotch de déménagement pendant la matinée de cours pour être tranquille. »(Homme, 22 ans — scolarité années 2010)

Même geste, même objet (le scotch), même motif (« trop bavard »), même lieu (la classe) — cinquante ans d’écart. 10 récits au total dans notre corpus (pour l'instant) reproduisent ce pattern, de la maternelle des années 1960 au CM1 des années 2010.
Ce n’est donc pas un résidu historique : c’est une persistance structurelle.

Ces récurrences révèlent ce que Foucault (1975) nomme un dispositif : un agencement de règles, de places et de pratiques qui produit ses effets indépendamment des intentions de ceux qui l’habitent. La violence est rendue possible, et reproductible, par une organisation de l’espace, du temps et des corps qui constitue la forme scolaire elle-même.

Si la violence est structurelle, la réponse ne peut être que structurelle : c’est le dispositif qu’il faut transformer, pas seulement les individus qu’il faut former.

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𝗗𝗲𝘀 𝗺𝗶𝗰𝗿𝗼-𝘃𝗶𝗼𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘅 𝗺𝗶𝗰𝗿𝗼-𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 : 𝗨𝗻𝗲 𝗼𝗿𝗰𝗵𝗶𝗱𝗲́𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗕𝗨 (Episode 1/3 "𝘙𝘦𝘤𝘰𝘯𝘯𝘢𝘪̂𝘵𝘳𝘦 & 𝘢𝘨𝘪𝘳")

Lors de la journée du 26 mars https://lnkd.in/eU22hS_b

Pendant le Covid, les places en bibliothèque étaient réservées à l'avance, prises à la seconde. Une étudiante appelle. Détresse dans la voix :

« 𝘫𝘦 𝘷𝘦𝘶𝘹 𝘱𝘢𝘴 𝘱𝘳𝘦́𝘷𝘰𝘪𝘳 𝘲𝘶𝘢𝘯𝘥 𝘫𝘦 𝘷𝘢𝘪𝘴 𝘦̂𝘵𝘳𝘦 𝘤𝘢𝘱𝘢𝘣𝘭𝘦 𝘥𝘦 𝘮𝘦 𝘭𝘦𝘷𝘦𝘳 𝘭𝘦 𝘮𝘢𝘵𝘪𝘯 𝘰𝘶 𝘱𝘢𝘴. »

La bibliothécaire ne demande pas de justificatif. Elle lui réserve discrètement une place fixe - juste un mot ajouté sur la liste.

L'étudiante rappelle : sa binôme a besoin d'être là aussi. Ajoutée sans question.

Nouveau rappel : avec le Covid, elle a développé une agoraphobie. Les grandes salles l'angoissent. La bibliothécaire trouve une petite salle fermée aux autres faute de ventilation suffisante - et l'ouvre pour elles deux.

Elle vient de plus en plus. Puis tous les jours. Tout le personnel finit par la connaître.

À la fin de l'année : elle réussit son Master. Elle revient pour dire que la bibliothèque « 𝘧𝘢𝘪𝘵 𝘱𝘢𝘳𝘵𝘪𝘦 𝘥𝘦 𝘴𝘢 𝘳𝘦́𝘶𝘴𝘴𝘪𝘵𝘦 𝘦́𝘵𝘶𝘥𝘪𝘢𝘯𝘵𝘦. » Elle offre une orchidée. « 𝘘𝘶'𝘰𝘯 𝘢 𝘵𝘰𝘶𝘫𝘰𝘶𝘳𝘴 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘯𝘰𝘵𝘳𝘦 𝘤𝘶𝘪𝘴𝘪𝘯𝘦. »

𝗣𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲𝗿 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲 : la voix de détresse. La bibliothécaire n'exige pas de certificat, ne déclenche pas une procédure. Elle entend. Elle réserve une place. C'est la micro-attention dans sa forme la plus fragile : 𝘳𝘦𝘤𝘰𝘯𝘯𝘢𝘪̂𝘵𝘳𝘦 𝘴𝘢𝘯𝘴 𝘦́𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦𝘵𝘦𝘳.

𝗗𝗲𝘂𝘅𝗶𝗲̀𝗺𝗲 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲 : la binôme. On prend. Pas de négociation, pas de comité.

𝗧𝗿𝗼𝗶𝘀𝗶𝗲̀𝗺𝗲 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲 : l'agoraphobie. La bibliothécaire transforme une contrainte en ressource. Elle n'oppose pas le règlement à la personne - elle trouve  l'interstice entre ce qui existe et ce dont l'étudiante exprime -. 𝘊𝘩𝘢𝘲𝘶𝘦 𝘮𝘪𝘤𝘳𝘰-𝘢𝘵𝘵𝘦𝘯𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘰𝘶𝘷𝘳𝘦 𝘭𝘢 𝘴𝘶𝘪𝘷𝘢𝘯𝘵𝘦.

𝗤𝘂𝗮𝘁𝗿𝗶𝗲̀𝗺𝗲 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲 : l'orchidée. Ce n'est pas un remerciement conventionnel. C'est l'expression d'une reconnaissance - « 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘧𝘢𝘪𝘵𝘦𝘴 𝘱𝘢𝘳𝘵𝘪𝘦 𝘥𝘦 𝘮𝘢 𝘳𝘦́𝘶𝘴𝘴𝘪𝘵𝘦. »

L'orchidée est toujours dans la cuisine. La micro-attention n'est pas encore devenue institution - mais elle est déjà bien plus qu'un germe -. Car la bibliothécaire se pose toujours une question : « 𝘴𝘪 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘫𝘦𝘶𝘯𝘦 𝘧𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘢𝘷𝘢𝘪𝘵 𝘦́𝘵𝘦́ 𝘮𝘢𝘭 𝘰𝘳𝘪𝘦𝘯𝘵𝘦́𝘦 𝘢̀ 𝘭'𝘢𝘤𝘤𝘶𝘦𝘪𝘭, 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘤̧𝘢 𝘴𝘦 𝘴𝘦𝘳𝘢𝘪𝘵 𝘱𝘢𝘴𝘴𝘦́ ? »

Et cette question engendrera une reliance partagée pour les 26 BU de l'Université (...Episode 2)

▎ Les micro-attentions : une accessibilité distribuée. (Perez, 2026)

https://lnkd.in/ehcPNGky

#MicroAttentions #AccessibilitéDistribuée #UniversitéInclusive #UniversitéDeLorraine #Reliance

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EST CE QUE NOUS SOUHAITONS ÊTRE CES ENSEIGNANTS LÀ ? (3/10)
"Le refus d'autoriser l'élève d'aller aux toillettes"

1980 « Ce souvenir remonte à mon année de CP en 1989. La maîtresse m’a refusée d’aller aux toilettes. Je me suis fait pipi dessus. Elle m’a disputée. On s’est moquée de moi et j’ai dû m’asseoir au fond de la classe. » (Femme, 43 ans - scolarité années 1980)

1990 « CE2. La maîtresse m’avait pris en grippe. Elle refusait systématiquement que j’aille aux toilettes. Un jour, ne pouvant plus me retenir, j’ai fait pipi sur l’estrade où elle m’avait demandé de me positionner. »(Femme, 38 ans — scolarité fin des années 1990)

2026 - « Mon fils de 10 ans a eu un bâton (comme une croix) car il a demandé à se rendre aux toilettes en dehors des heures de pause. La maîtresse lui a répondu : “tu te retiens ou alors tu y vas mais tu auras un bâton”. »(Femme, 39 ans, rapportant un fait récent de l'école actuelle )

- 3 récits. 3 enseignants différents. 3 établissements. 3 décennies distinctes.
- 27 récits de notre enquête (pour l'instant) mentionnent explicitement le refus de toilettes ou ses conséquences.

==> Une seule règle : « on ne sort pas pendant le cours ». MAIS une règle n'est inscrite dans aucun texte officiel <--> elle est produite par la forme scolaire elle-même.
La violence n'est donc pas seuleument le fait d'individus défaillants. Elle est rendue possible et reproductible, par l'organisation scolaire elle-même.

"Conscientiser que nous sommes pris dans des structures de pouvoir "(Freire, 1976)

Perez, J.-M., & Ait Hammou Taleb, S. (à paraître). Cartographie des violences éducatives ordinaires : le grand malentendu. Une analyse mixte des souvenirs scolaires déclarés. NR-ESI.

#MicroViolences #Education #FormeScolaire #Enseignement #Recherche #Brutalité #Violence #maltraitance?

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QU'EST-CE QUI AUTORISE DES COMPORTEMENTS DELÉTAIRES ?
Actualités... Université

"J'ai un diagnostic d'autisme et de dyslexie donc j'ai la possibilité de concourir dans une salle à effectifs réduits. C'est la première fois que je demande cet aménagement. Il m'a été refusé à plusieurs reprises, alors que le président de l'Université avait signé l'arrêté."

"On m'a dit que c'était pas possible, qu'il y avait pas assez de budget pour deux surveillants, que s'il fallait faire ça pour tout le monde...

"Une enseignante, quand je lui ai rappelé que j'avais des aménagements, m'a dit : moi aussi je suis dyslexique, j'en fais pas un plat. J'ai  réussi, il n'y a pas de raison que tu ne réussisses pas."

"Il a fallu que ce soit son collègue qui lui dise : là tu t'exposes à des problèmes. Et c'est que comme ça qu'elle a dit bon d'accord - mais  attention, je te surveille. Elle a été tout le temps à côté de moi."

"et en plus j'ai été placée dans une salle donnant sur la sortie de l'amphi - avec les étudiants qui sortaient après l'épreuve et qui, très excités, échangeaient..."

Un phénomène à la marge ? Ou un problème structurel ?

https://lnkd.in/ehcPNGky

#Brutalités #Violences #Negligences #Université #Inclusion #Éducation #Handicap #LISEC

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Très intéressant article. Ce que vous documentez rejoint ce qui se rencontre dans les souvenirs qui ont laissé des traces chez de nombreux anciens élèves. La "sécurité émotionnelle", c'est une condition de l'apprentissage. Oser se tromper, c'est du pouvoir d'agir - et ça se construit (ou se détruit) dans les interactions ordinaires de classe. Ce ne sont pas les élèves qui "ne sont pas faits pour ça", ce sont des environnements qui les en convainquent très tôt, dont l'attitude des adultes est un marqueur puissant - une question loin d'être sérieusement abordée.

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« Le fonctionnement des institutions publiques est susceptible en lui-même d'induire ou d'amplifier les violences faites aux enfants dont elles ont la charge. #DéfenseurDesDroits hashtag
#Impensé
#MicroViolences hashtag
#Violences
#Éducation hashtag
#DroitsDeLEnfant hashtag
#École
»
Quel souvenir d'école vous a marqué ?
🔗 Participez (3 - 5 min, anonyme) : https://lnkd.in/ewj6jNMC

Le Défenseur des droits l'a écrit noir sur blanc en 2019.
Jacques Toubon, Défenseur des droits (2014-2020), dans "Enfance et violence : la part des institutions publiques" : https://lnkd.in/e2_z53yq

Et vous,

hashtag

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#DroitsDeLEnfant hashtag
#École

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Une question vive très bien approchée dans ce dossier. Bravo aux auteurs et aux coordinat.rice.eur.s de ce numéro.

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Une très belle contribution pour une question culturellement vive. Félicitations

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#Éducation #violences #Hypocrisieorganisationnelle #pasdevague

L'hypocrisie organisationnelle - De quoi parle-t-on ?

L'université dit "inclusion". Elle légifère, crée des services, affiche des chartes, répond à des appels  ministériels comme celui de 2024 dit "Université démonstratrice inclusive". Elle affiche une intention claire   de prendre part au débat d'une université s'intéressant à la diversité de ses étudiants, luttant contre les  discriminations.

Et pourtant, les acteurs - quelle que soit la position attribuée par l'organisation (enseignants, accompagnants, étudiants) - disent vraiment d'autre chose.

Pour nommer cet écart, je mobilise un concept issu des sciences de la gestion :
  l'hypocrisie organisationnelle (Brunsson, 1989, Saussois, 2012 Dumez, 2016)

"Au niveau des organisations, il existe des contradictions entre les valeurs et
 l'action, entre ceux qui décident et ceux qui mettent en œuvre, entre la volonté de changement et le goût  pour la stabilité."
--> "l'appel régulier à des réformes relèverait alors plus d'une routine que d'une volonté de changer les choses".

L'hypocrisie organisationnelle contribue à rendre possible l'apparence de changement tout en maintenant la stabilité du système.

#Éducation-Inclusive #Micro-Violences #Recherche #UniversitéDeLorraine #LISEC #OPHriS #formation

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Unys Sciences vient de publier :
🔗 lnkd.in/e9tq62Ug
#MicroViolences #Éducation #Recherche #UnysSciences

───

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97 % de micro-violences.
Quand on demande aux gens de raconter un mauvais souvenir d'école, ce ne sont  presque jamais des coups. Ce sont des mots. Des regards. Des humiliations.

Sur 2 200 témoignages recueillis dans notre enquête, le constat est net : la
 violence scolaire la plus répandue est celle qu'on ne voit pas., et qui ne se dit pas. Ces micro-violences orientent des trajectoires scolaires bien plus que les grandes réformes.

Participez à l'enquête (5 min, anonyme ) :
https://lnkd.in/ewj6jNMC
https://lnkd.in/eB4h9P-S

#MicroViolences #Éducation #Recherche #SciencesDeLÉducation #École #LISEC    #UniversitéDeLorraine

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